Paris sous la neige


C’est vrai que Paris enneigé, c’est joli. La neige, de manière générale, a cette rare capacité de rendre tout paysage doux, calme et apaisant. Et ça, pour une ville comme la capitale, ce n’est pas rien…

Car d’habitude, Paris, c’est plutôt la ville sombre par excellence : noire de monde à toute heure du jour et de la nuit, sale (notamment avec le métro) et polluée, on aurait beaucoup de mal à imaginer y respirer à plein poumons et s’y sentir zen et serein.

Pourtant, la neige a réussi ce tour de force hier : ce dimanche, adossée à la fenêtre, une tasse de thé fumante à la main, j’ai pu observer une chose à laquelle je n’ai habituellement droit qu’en plein mois d’août, entre le 12 et le 16, et encore, de 6h à 8h : une rue vide. Vide de passants – forcément, tous avaient eu la bonne idée, comme moi, de se planquer chez eux au chaud enroulés dans un bon plaid. Vide de voiture – les rues, bien que suffisamment salées, n’attiraient pas beaucoup de véhicules, sûrement pour la première raison que j’ai évoquée. Et vide de bruit – puisqu’à une telle température, tout le monde prend bien soin de fermer toutes les fenêtres, et peu s’attardent dans la rue (ou alors, le nez et la bouche planqués dans l’écharpe, la tête baissée, les mains enfouies dans le manteau, pour rentrer le plus vite possible).

Ainsi, hier, je me suis sentie ailleurs. J’avais la sensation étrange de me trouver dans un autre Paris : un Paris calme, doux, serein, apaisant. Et ce sentiment inhabituel m’a presque déstabilisé ; on aurait dit le moment de calme avant la tempête que l’on trouve dans tout bon film catastrophe. Vous savez, ce moment de plénitude absolue et intense pendant lequel on voit les acteurs principaux profiter naïvement de cet instant sans se douter une seule seconde qu’il ne va pas durer. On aurait presque envie de leur crier « profite, profite, car bientôt, cette sérénité disparaîtra pour toujours et ne reviendra pas ».

Je n’en étais pas à ce point-là non plus hier, mais j’ai bel et bien profité de ce calme qui ne durerait pas. Le genre de silence qui nous repose, nous permet de nous sentir bien, et de profiter, les yeux mi-clos, la respiration profonde, les membres détendus, d’un instant pendant lequel les choses restent en suspend. Ces moments sont ceux que j’appelle des « moments volés » : ceux auxquels on ne s’attend pas, qui nous surprennent et qui nous font du bien.

Et c’est bien pendant ces courts instants que l’on se rend compte que le bonheur s’attache à peu de choses : le tout, maintenant, est de savoir s’arrêter au bon moment pour pouvoir les saisir, en prendre conscience et en profiter pleinement… le temps qu’ils dureront.

12 comments

  1. Rose says:

    P’tete que sur l’Ouest de la capitale, y’avait de la neige, mais dans le 13ème, pas un seul flocon ! C’est nul… Moi aussi, je voulais voir de la neige à Paris !

    • So busy ! says:

      Ah bon, dans le 13ème, pas un flocon ??? Bah écoute, à l’Ouest de Paris, oui, les rues étaient toutes blanches… désolée pour toi ! Mais qui sait, ça va peut-être venir, l’hiver n’est pas terminé !

  2. La belle bleue says:

    Je ne pensais pas qu’il neigeait si rarement à Paris, pour moi c’est le Grand Nord, donc il neige (CQFD) :D
    Ce silence que tu décris doit être magnifique, j’ai eu le même vendredi soir. Comme s’il n’y avait plus aucune résonance dans l’air et qu’un chant organique d’elfes était sur le point de se lever :)
    Samedi, il a neigé chez moi ! Habituellement, il neige dans TOUTES les villes de France métropolitaine SAUF dans la mienne (ça a déjà été prouvé). Je ne me suis donc pas fait prier pour sortir de la maison JUSTE sous la neige: une fois pour acheter le pain (et comme il neigeait, je suis passée par le marché qui était encore sur la place), et une fois pour manger mon dessert à midi.

    La seule chose que je regrette avec la neige, quand elle tombe, c’est qu’elle soit si belle mais si éphémère…

    • So busy ! says:

      Ah oui, carrément, le Grand Nord ! :)
      C’est tout à fait ça, ce silence que tu décris (et le chant organique d’elfes, quelle poésie dans tes mots, wahou ! :)).
      Hé bah, là, au moins, tu as été servie ! Tu as bien fait d’en profiter. Et je partage tout à fait ton avis sur son côté si éphémère… (encore que, ce n’est pas totalement pour me déplaire non plus puisque je suis une frileuse de compétition, donc même si je trouve ça très joli, la neige, j’ai du mal à rester dans le froid trop longtemps !).

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