Cette passion de la lecture


J’ai toujours aimé lire. Petite, pendant que les autres enfants jouaient à la marelle, à la corde à sauter ou au foot, moi j’étais planquée dans un recoin de la cour, un bouquin sur les genoux, les yeux écarquillés devant tant de choses qui m’étaient inconnues, et je ressentais un plaisir immense à découvrir ainsi le monde qui m’entourait.

Je lisais beaucoup, de tout, sans arrêt. Cela finissait même par étonner mes proches. Mes amies (car j’en avais  tout de même, et beaucoup même, entre deux sessions de lecture) me considéraient avec beaucoup de respect, fières de côtoyer celle qui avait toujours réponse à tout en classe – je n’avais aucun mérite : lorsqu’on lit beaucoup, on est automatiquement bon en culture générale et en français J. Elles veillaient même à ne jamais me déranger lorsque j’étais en phase de « lecture avancée ».

Les adultes avaient une opinion beaucoup plus tranchée sur la question. Ma mère, qui m’avait transmis cette passion de la lecture, m’a toujours encouragée à dévorer les œuvres classiques, les romans d’aventure, les documents encyclopédiques. J’ai des souvenirs très heureux de mon enfance lorsque, à peine rentrée du travail, encore sur le pas de la porte, les bras chargés de sacs et de paquets, elle nous appelait, mon frère, ma sœur et moi, pour nous dire qu’elle avait une surprise pour nous. Nous découvrions alors de vrais trésors, quelques jouets pour mon frère et ma sœur, presque toujours des livres pour moi. Généralement, je poussais un cri de joie, je collais un gros bisou baveux sur la joue de ma maman, et je partais illico m’isoler dans ma chambre pour m’ouvrir sur un autre monde.

Tout ce qu’il se passait autour de moi n’avait plus aucune importance, et j’avais développé une capacité assez impressionnante à me concentrer sur ma lecture quels que soient l’agitation ou le bruit qui pouvaient se trouver autour de moi. Une de mes tantes s’en était même étonnée un jour de fête de famille lorsque, m’ennuyant avec les autres enfants – aucun n’étant de mon âge – et perdue au milieu des adultes, j’avais trouvé refuge dans un livre passionnant. Elle avait tenté pendant une bonne dizaine de minutes de me dissuader de lire, m’expliquant que cela n’était pas ce que devait faire une petite fille, puis avait alerté ma mère.

Je me rappelle précisément de cette scène : maman l’avait écouté avec attention, m’avait embrassé du regard, puis avait toisé ma tante en lui expliquant que ce qu’elle disait n’avait aucun sens : « Je suis très fière que ma fille lise autant qu’elle le fait. Elle adore ça, elle s’intéresse à beaucoup de choses, et elle est très intelligente. Je suis certaine que ça lui servira dans la vie ». Elle avait fini par tourner les talons, concluant là la discussion et laissant ma tante abasourdie – elle qui était tellement persuadée d’obtenir de ma mère qu’elle me convainque de laisser tomber mon livre et d’aller jouer « normalement » comme les autres enfants, elle n’en revenait pas. Elle se retourna vers moi, surprise, et je ne pris même pas la peine de lever la tête, elle m’avait déjà trop ralenti dans ma lecture.

Les choses ont quelque peu évolué au fil des années. Pendant mes études, même si j’avais beaucoup moins de temps à consacrer à ce loisir, je continuais à voir les livres comme un moyen de m’évader, de me détendre, de partir loin de tout ce stress et de toute cette pression. Et aujourd’hui, cela me revient par vague. C’est vraiment mon anti-stress par excellence. Certains prennent des calmants, des infusions à la camomille, fument des cigarettes, moi je lis. Si je prévois de prendre le métro, je mets un livre dans mon sac. Même chose lorsque je me rends à un rendez-vous important, ou à n’importe quel événement qui m’inquiète.

Je sais que cela m’aide à rester sereine. Car j’ai ainsi la sensation d’avoir de l’emprise sur les choses, sentiment très précieux à des moments où l’on croit ne plus rien contrôler. Oui, la lecture, ça peut faire tout ça. N’empêchons personne de lire, c’est une richesse trop rare et encore trop secrète…

23 comments

  1. Gaëlle says:

    Je pensais même pas qu’il était possible que certaines personnes considèrent que d’autres puissent « trop » lire… Lit-on jamais assez même d’ailleurs ?
    Je me reconnaîs bien dans ton article, je suis juste navrée de n’avoir plus tellement de temps à consacrer à la lecture…

  2. So busy ! says:

    Mdr bah moi non plus écoute, je ne pensais vraiment pas qu’on pouvait considérer ça comme un défaut ou quelque chose de choquant, mais bon, les gens sont parfois bizarres…

    Et je ressens la même chose que toi, je regrette de ne pas pouvoir consacrer plus de temps à ce passe-temps… Un jour, quand on sera à la retraite (dans trèèèès longtemps), on n’aura que ça à faire :)

  3. Carohebdo says:

    Je me reconnais un peu en toi ! Comme Gaelle le dit…peut-on « trop’ lire ? ça me parait absurde. Pour ma part il y a eu une période ou j’ai complètement arrêté de lire par manque de temps, je m’y suis remise que récemment ac un plaisir immense, je les dévore, je n’arrive plus à m’arrêter, comme si je ratrappait le temps perdu. Vive la lecture !!!

    • So busy ! says:

      Moi aussi, c’est vrai que ça me paraît absurde. Et puis, je ne vois pas en quoi cela est une activité « choquante » :)
      Comme je t’envie, j’aimerais tellement retrouver cette phase ! Mais moi aussi, par manque de temps, ça fait un sacré moment que je ne me suis pas lancée dans un bon bouquin… il faut vraiment que je m’y remette, et oui, vive la lecture ! ^^

  4. Gaëlle says:

    Ah la retraite… si seulement un jour on y arrive !!!
    En attendant j’arrive quand même à combler un peu mon besoin de lecture grâce aux blogs, à défaut de dévorer beaucoup de livres ;)

    • So busy ! says:

      Mdr oui, comme tu dis ! C’est vrai que ce n’est pas demain la veille ;)
      Moi aussi, je trouve mon compte dans les blogs, heureusement qu’on a ça pour nous faire tenir :)

  5. La belle bleue says:

    Moi aussi, j’ai toujours beaucoup lu, surtout le soir (la journée, je me dépensais physiquement autant que je le pouvais, et en plus j’aurais été déconcentrée par n’importe quoi, ça aurait été impossible – j’étais hyperactive).
    Et le soir, je n’avais jamais sommeil (ou j’avais peur d’aller me coucher). Donc je retardais au maximum ce moment-là, et il m’est arrivé de lire des livres entiers en une ou deux nuits comme ça. Et j’adorais ça ! En plus, comme tu le dis très bien, ça m’a permis d’avoir une bonne culture (je n’aimais l’histoire-géo que quand c’était intégré dans une histoire romancée) et un bon niveau en français. A cause de mon problème de concentration, je n’étais pas très bonne à l’école, mais le français était ma petite fierté. J’arrivais à avoir les mêmes notes, et parfois plus, que le petit génie de la classe. Non pas que je me comparais toujours aux autres (ma mère le faisait), au contraire, je détestais ça. Mais comme ma mère me demandait toujours les notes des premiers de la classe, je me sentais obligée de regarder. Autrement, une bonne note me suffisait amplement, quelle que fusse la moyenne de la classe.

    J’ai avalé mon dernier livre en 3 jours (et encore, je l’ai volontairement lu lentement pour faire durer le plaisir) !

    • So busy ! says:

      Ah oui, c’est sûr que si tu étais hyperactive, tu devais en faire des choses la journée :)
      Pareil que toi, je n’avais jamais sommeil le soir. Et heureusement que ça nous a permis de maintenir notre niveau en classe, car à lire sans arrêt, on n’écoute pas beaucoup en cours (moi aussi, j’étais assez distraite, du coup).

      Tu me fais rire quand tu me dis que tu a lu lentement pour faire durer le plaisir, c’est exactement ce que je fais aussi : à partir des 30 dernières pages, je ralentis volontairement, je fais des pauses toutes les 2 pages, pour savourer… Ah là là, ce que c’est agréable ! Ca me donne envie de m’y remettre, tiens ;)

  6. Mère Lacunaire says:

    Ah comme je te comprends ! Moi aussi je me ressource dans la lecture, je vis d’autres vies, d’autres émotions aussi. Aujourd’hui j’ai trop peu de temps pour lire, entre les enfants, le boulot et le reste. Et je comme je ne prends plus le train pour aller bosser, je n’ai même plus ce moment là. Heureusement qu’il y a les vacances pour faire le plein !

    • So busy ! says:

      Oui, c’est exactement ça, heureusement qu’on a les vacances ! Sinon, ce serait compliqué :) et nos moments de lecture, trop rares (car je peux tout à fait comprendre qu’avec un quotidien aussi chargé que le tien, cela soit difficile – voire impossible – de lire quand on en a envie…

  7. Laurie says:

    Un jour quelqu’un m’a dit que la lecture, c’était un passe-temps pour les gens qui n’avait rien d’autre à faire et qui voulaient s’échapper de la réalité (c’etait très pejoratif dans le ton employé).
    J’hallucine encore qu’il y ait des gens qui puissent penser ça serieusement … Surtout que le gars en question passe ses soirées à s’abrutir devant la télé … Sans doute plus intéressant ?

    • So busy ! says:

      Sympathique comme réflexion… Moi aussi, ça me fait vraiment halluciner. Ils sortent d’où, ces gens-là, franchement ?!!

      Et je suis tout à fait d’accord avec toi, mieux vaut lire un bon bouquin que passer 5h d’affilée devant la télé !! (on les emm… tous, tiens, nous on aime lire, et pis C’EST TOUT !! :))

  8. Vaallos says:

    Ca me rappelle plein de souvenirs tout ça… C’est beau d’avoir une passion, quelle qu’elle soit. Ca peut vraiment nous porter et nous faire voir la vie en rose :)

  9. abcemploi says:

    La photo me fait penser à moi lorsqu’avec une petite lampe de poche je m’éclairais pour lire le soir afin de ne pas déranger mes soeurs qui dormaient. Je lisais beaucoup étant jeune, la bibliothèque rose, la verte (le club des 5 entre autres…) ado j’ai continué à dévorer les livres, jeune adulte aussi. Mais maintenant, je ne fais pas exception à la règle, plus beaucoup de temps de lire, mais j’essaie quand même de me réserver un peu de temps. Une autre envie c’est d’écrire. Enfant j’écrivais des petites histoires, c’était mignon.

    • So busy ! says:

      :) Moi aussi, j’étais comme ça, avec la petite lampe torche et la bibliothèque rose et verte ^^

      C’est sûr que ça devait être mignon si tu écrivais si jeune. Tu devrais t’y remettre, si ça se trouve, tu arriverais à écrire le prochain best-seller de la décennie ! :)

  10. labandeajules says:

    Avec un livre, je suis sauvée, je ne m’ennuie jamais !!!! La lecture c’est la plus des rencontres que l’on puisse faire dans une vie, je regrette une seule chose c’est le manque de temps pour lire…

    • So busy ! says:

      C’est vrai qu’un livre, c’est un tel moyen de s’évader !

      Moi, je suis comme toi, je regrette ce manque de temps… Mais enfin, heureusement, il y a les vacances pour nous remettre à jour !

  11. Cleophis says:

    Je me souviens d’une fois où j’étais chez le coiffeur avec ma mère, j’étais tellement plongée dans mon livre que lorsqu’elle m’a dit qu’il était temps de partir, j’ai levé les yeux et je me suis demandée où j’étais…

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