L’art de comprendre les autres

J’aurais adoré être psychologue, ou du moins faire des études dans ce domaine. Pas tellement parce que le métier de psy en lui-même me fait envie, mais parce que l’idée de comprendre les situations et les comportements des personnes qui m’entourent m’aurait enthousiasmée.

En effet, on se retrouve très souvent face à des rapports humains très complexes, des esprits qui s’échauffent, des périodes de flottement qui n’annoncent rien de bon pour la suite et pendant lesquelles on sait pertinemment que tout peut partir en vrille en quelques secondes sans qu’on en ait pourtant compris la raison.

L’essence même des rapports humains, ce qui les caractérise, c’est bien leur richesse. Mais justement, qui dit richesse dit façons de réagir différentes, personnalités différentes, modes d’expression différents… Là où une jeune femme exprimera sa joie en sautant partout, en criant, en prenant tout le monde dans ses bras, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres, un homme réservé se contentera d’un léger rictus et d’une attitude très contenue. Et pourtant, des deux, le plus heureux et ému sera peut-être ce dernier. Comme quoi, il faut parfois lire entre les lignes et dépasser ces premières impressions pour chercher à vraiment comprendre les émotions de chacun.

Toutefois, à trop chercher à comprendre tous ces petits signes, on en devient parfois parano : on réfléchit à des pseudo-analyses qui ne reposent que sur notre propre vision des choses. Un vieux couple, par exemple, qui se connait par cœur – ou croit se connaître sur le bout des doigts – est parfois plus sujet à ce genre d’analyses infondées. Ainsi, on a déjà tous vu un couple se disputer après un dîner chez des amis ; la femme : « je vois bien que tu ne les as pas aimés, tu es resté crispé et les bras croisés toute la soirée » ; l’homme : « pas du tout, j’ai beaucoup apprécié cette soirée, simplement il faisait très froid chez eux » ; la femme : « n’importe quoi, je te connais par cœur et je sais très bien que tu les détestes. D’ailleurs, tu as déjà fait ça la dernière fois lorsque… ». Et s’ensuit une dispute sans fin.

Alors que, pourtant, la situation ne paraissait pas si compliquée que cela : l’homme a eu froid, ses signes physiques (croiser les bras, se tasser sur lui-même pour essayer de retenir – sans grand succès – la chaleur de son propre corps) étaient suffisamment équivoques pour qu’on puisse le comprendre. Toutefois, son épouse, qui avait déjà une idée bien précise en tête quant à l’explication de son comportement, n’a pas été attentive à ces signes évidents et s’est laissée portée par sa pseudo-analyse – totalement erronée, au demeurant.

C’est bien pour cette raison que j’aurais aimé suivre des études de psychologie. Pour apprendre à voir les signes tels qu’ils sont lorsqu’il n’y a pas forcément d’autre chose à y voir, et à analyser les comportements et les échanges humains lorsque cela le justifie. Car j’ai la conviction que cette distinction, qui me parait personnellement tout à fait hors de portée, est justement le propre d’un psy : lui seul est capable de faire la part des choses. Et quand je vois le nombre de conflits armés (de mots cruels) que nous vivons chaque jour au bureau, dans la rue, avec nos proches, je me dis parfois que nous aurions bien tous besoin d’un petit stage pour réapprendre à vivre ensemble simplement.

Vous aimerez peut-être aussi :

17 comments

  1. Audrey B says:

    J’aurais également adoré suivre des études de psychologie, mais j’ai peur de me faire une mauvaise idée du métier de psychologue. Je suis en master de communication. Et communication étant un terme où l’on met absolument tout, j’ai également suivi des cours d’analyse de langage verbal et para verbal (le langage du corps tel que tu en parle dans ton billet pour l’homme qui a froid). Et en fait ce sont ces deux langages qui permettent parfois de comprendre les autres, mais encore faut-il bien interpreter les signes, et c’est là la difficulté.
    Pour un cours on a regardé le film « Oui, mais » avec Gérard Jugnot qui est le psychologue d’une ado, et j’ai trouvé le film très bien fait et intéréssant.
    Plus personnellement, cerner la personnalité des gens est un truc que je fais au quotidien… mais ça peut être un défaut, car quand je décèle un trait de caractère qui ne me plait pas chez quelqu’un (des mots dits pour blesser mais que je suis la seule à comprendre ainsi, une habitude à toujours se mettre en avant par rapport aux autres qui là encore ne dérange personne sauf moi) j’ai tendance à me focaliser dessus et à oublier les qualités de cette personne…
    Enfin, tout ça pour dire que les gens me fascinent et que je suis plus souvent en situation d’observatrice qu’autre chose ;)

    • So busy ! says:

      C’est vrai que, même si on est attiré par certaines matières ou secteurs, il y a toujours un sacré fossé entre ce qu’on croit comprendre du métier et ce qu’il est vraiment.

      Ces cours d’analyse de langage verbal et para verbal, ce doit être vraiment passionnant. J’adorerais lire des livres sur le sujet, il faut que je me renseigne, tiens ;)

      Le film avec Jugnot, je ne connaissais pas, mais je vais l’ajouter à ma liste de films à regarder ! Je suis pas mal comme toi niveau observation, je ne pense pas que cela soit un défaut, si tu cernes vite les gens, au moins, tu peux te dire que tu ne perds pas de temps avec des boulets ! C’est au moins à ça que peut servir ce « super pouvoir »… :)

  2. abcemploi says:

    Ah la psycho ! C’est vrai que c’est très intéressant. Je sais de quoi je parle car j’ai étudié cette discipline pendant 4 ans. Mais le problème c’est que c’est bouché ! Perspective d’emploi pas au beau fixe. Mais bon quand on est passionné par ça on ne pense pas à tout. Ce que j’aime beaucoup c’est la psychologie du travail et la psychologie du couple et de la famille.
    Pour toi il n’est peut-être pas trop tard pour t’y mettre. Regarde si tu ne peux pas faire un d.u (voir par rapport aux diplômes que tu as obtenus).

    • So busy ! says:

      Wahou, psycho pendant 4 ans ! T’en as, une de ces chances ! Ca doit être vraiment intéressant. Par contre, pour le côté bouché, c’est sûr que ça ne doit pas être bien marrant par contre…

      Je ne pense pas que je reprendrais des études dans ce domaine (des études, j’en ai fait beaucoup, des très longues, je suis déjà bardée de diplômes – qui ne me servent pas à grand-chose -, alors je crois que je chercherais à lire des bouquins et à en apprendre plus sur le sujet de mon côté, seule, mais je ne me vois pas reprendre – encore ! – un nouveau cursus… :)) Mais merci de ton conseil, c’est gentil quand même :)

  3. la FIlle de la bande says:

    Chouette article (et c’est une psy qui le dit ^^). Un bon moyen d’éviter ce genre de conflits, c’est de revenir à une communication plus simple. Parler en son nom et pas au nom de l’autre, ne pas affirmer, ni généraliser (fuir les « toujours », les « je sais que tu es comme ça » et préférer les « j’ai eu l’impression que … »), laisser l’autre s’exprimer en son nom et surtout lui faire confiance (s’il dit qu’il a eu froid, il a probablement eu froid). Pas toujours simple de vivre ensemble ;-)

    • So busy ! says:

      Wahou, je me sens d’autant plus flattée alors !

      Tes conseils me paraissent très avisés, ça paraît si simple dit comme ça, et pourtant, sur le moment, on réagit souvent n’importe comment et on empire les choses…

      Tiens, j’ai une question pour toi qui me brûle les lèvres depuis un moment (et jusque là, je n’avais personne à qui la poser) : être psy, ça t’aide dans tes relations aux autres ? Tu as l’impression que les choses sont plus faciles, puisque tu arrives à (mieux) comprendre pourquoi telle personne agit comme ça, etc ???

    • la FIlle de la bande says:

      Oui et non (ahah, de la pure réponse de psy, rien n’est jamais tout blanc, ni tout noir^^): ça m’aide effectivement à comprendre les réactions des autres mais ça ne rend pas toujours les relations plus faciles. J’ai par exemple une relation toute pourrie avec ma mère, je sais pourquoi, je sais d’où ça vient mais aucun dialogue n’est possible. Disons que personnellement, ça m’aide à gérer ça sans culpabilité mais ça n’a aucun effet sur la relation en elle-même. On est deux dans une relation et si l’autre ne s’ouvre pas, la relation est impossible.
      Je pense même que le fait d’être psy rend ça plus compliqué. On est perçus par certaines personnes comme des gens compliqués, qui analysent tout, voire qui manipulent. Le moindre conseil, le moindre avis sont alors interprétés comme quelque chose d’intrusif, comme si venant de nous, rien n’était jamais spontané, ni innocent. Bref, c’est pas simple non plus ;-)

    • So busy ! says:

      Ah ah, bah en même temps, je m’adresse à la psy qui est en toi, donc c’est normal aussi que tu me serves une réponse de psy :)

      Je comprends ce que tu veux dire. Instinctivement, j’aurais pensé que le fait de comprendre et de savoir décrypter les situations permet de mieux dédramatiser les choses et de mieux vivre avec les autres. C’est entre autres pour tous ces moments où je ne comprends pas les caractéristiques des personnalités qui sont face à moi (et que je cotoie pourtant très régulièrement) que j’ai souvent pensé « ah, si seulement j’étais psy, j’y comprendrais quelque chose et je pourrais agir ».

      Mais je n’avais pas pensé au point le plus important, comme tu l’expliques très bien : une relation se construit à deux. Et c’est vrai qu’en fait, le point de départ est là. Je suis désolée que les choses ne se passent pas mieux avec ta maman. Et encore plus que tu sois mal vue et que tes avis soient vus comme intrusif, ça ne doit pas être simple à vivre.

      Mais, de manière général, j’ai vraiment l’impression que les relations que l’on a avec nos proches sont comme une pelote de laine bien emmêlés : tout est emberlificoté, il y a des noeuds partout, et même si tu t’atèles à les défaire un par un, tu en découvres toujours un derrière…

      J’ai juste l’espoir qu’en vieillissant, avec l’expérience (et la « sagesse » ^^) les choses se tassent et deviennent moins compliquées… (mais bizarrement, je ne suis pas certaine d’être proche de la réalité, sur ce coup-là !).

      Merci beaucoup pour ta réponse, en tout cas, c’était une question que je me posais depuis un moment :)

    • So busy ! says:

      C’est sûr ! C’est fou ce que ces gens-là sont agaçants… et surtout, on a envie de leur dire « arrête toi deux minutes, et profite ! Il n’y a finalement aucun problème ;) »

  4. Laurie says:

    A la sortie du bac, j’étais à deux doigts de m’inscrire en psycho … c’était une des rares choses qui me plaisait vraiment à l’époque. Mais, tout le monde me le déconseillait : c’est une fillière bouchée ! Aujourd’hui, je le regrette un peu, ça doit être passionnant.
    Mais depuis 1 an et demi, je suis une psychothérapie, on en apprend beaucoup sur sur même, et sur les rapports humains … c’est difficile, souvent éprouvant mais tellement passionnant !

    • So busy ! says:

      C’est vrai que le coup de la filière bouchée, ça n’aide pas vraiment, même si on adore cette section, le but de faire des études, c’est tout de même de trouver du boulot ! :)

      Ce doit être génial, de suivre une psychothérapie ! Je pense que je m’y mettrai moi aussi, un jour : non pas que j’espère avoir plein de souci personnels que je n’arriverais pas à résoudre seule, mais plus dans l’optique d’en apprendre plus sur moi, de mieux me connaître et de comprendre pourquoi je réagis de telle ou telle manière… Bravo en tout cas et bon courage pour ce travail qui doit être assez éreintant !

  5. Lady Dee. says:

    Loool c’est moi ça :) on me dit souvent que je me suis trompée de métier et que j’aurai dû être psy j’aime écouter les gens et les conseiller,je ne sais pas ça me fait un bien fou!

    • So busy ! says:

      Mdr, ah toi aussi ?! Oui, d’après ce que tu dis, tu as l’air d’avoir un don pour écouter les autres… Allez, on se fait une reconversion toutes les deux ?! :)

Laisser un commentaire