Alors ça y est, maintenant, je suis maman…

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Hier, ça faisait un mois que tu étais né. Un mois que j’avais fait ta connaissance, que j’avais enfin pu voir ta petite bouille, tes pieds minuscules et délicats, sentir ton odeur unique et merveilleuse. Un mois que ton papa t’avait posé sur mon ventre, et que nous nous sommes regardés tous les deux, curieux de nous découvrir l’un l’autre, surpris par cette situation si nouvelle.

Ce n’est pas, comme je l’avais imaginé avant ta naissance, un élan d’amour que j’ai d’abord ressenti pour toi. C’est surtout la curiosité et la fierté qui m’ont envahie. Pendant les premières heures de ta vie, je ne pouvais pas m’empêcher de te serrer contre moi, de te câliner, de t’embrasser, de te parler, et surtout, surtout, de t’observer. Te voir me regarder avec tes grands yeux si vifs, toi qui semblais si calme, si posé alors que tu étais si jeune, cela m’a complètement bouleversée. Je ne m’attendais pas à ça.

J’avais imaginé les choses autrement. Je pensais que dès que je croiserai ton regard, je saurais comment être ta maman. Que je saurais m’occuper de toi, que je trouverais facile de te prendre dans mes bras, et que nous communiquerions ensemble pour la première fois dans quelques mois.

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Pourtant, ce n’est pas du tout comme ça que ça s’est passé. Dès les premiers instants, j’ai eu la sensation que nous étions connectés, comme lorsque tu étais encore dans mon ventre, même si, cette fois, ton cordon était bel et bien coupé. Tu as été d’une patience infinie, et ce sont ta bienveillance et ta confiance qui m’ont permis de me sentir maman. J’étais très maladroite en te prenant dans mes bras, tu étais si petit, tu semblais si fragile ! Je n’osais pas te changer tes premières couches car j’avais peur de te faire du mal, et j’ai dans un premier temps catégoriquement refusé de te donner ton premier bain, j’étais terrorisée à l’idée de mal faire.

Tu étais si beau, si merveilleux, si parfait que j’en pleurais de te regarder, et j’étais convaincue que tu méritais une mère parfaite. J’ai eu peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas savoir répondre à tes besoins, de ne pas faire aussi bien qu’il le faudrait.

C’est toi qui m’a rassurée. Tu as attendu, calmement, patiemment, que je prenne mes marques. Tu m’as laissée être maladroite quand je voulais te faire si souvent des câlins. Tu n’as rien dit quand je t’ai inondé de baisers mouillés. Tu n’as pas cillé quand notre expérience de l’allaitement a été si difficile, que je ne te mettais pas bien au sein, que je ne savais pas m’y prendre. Tu m’as attendue, tout simplement, et c’était comme si tu me tendais la main doucement pour me laisser venir à toi, naturellement.

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Je te remercie pour tout ça. Merci d’avoir été si attentif et si doux. De m’avoir fait me sentir si spéciale. D’avoir eu besoin de dormir contre moi ta première nuit. D’avoir demandé les bras de ta maman et aucun autre quand nous étions tous ensemble en famille. De ne t’être apaisé qu’en entendant ma voix, qu’en sentant mon odeur. De ne t’être nourri que de mon lait pour bien grandir. C’est tout cela qui m’a permis d’oser, d’agir, de dépasser ma peur de mal faire.

En quelques heures seulement, tu m’as fait grandir. Et c’est à la maternité que je suis passée du statut de jeune femme à celui de jeune maman. Nous avions vécu ensemble une grossesse merveilleuse, pleine de douceur et de sérénité. Et ta naissance en a été un fabuleux aboutissement.

C’est grâce à toi que je suis devenue maman. Et tu vois, c’est une chose que je n’oublierai jamais : un mois après, les larmes coulent sur mes joues quand je repense à ces sentiments si forts, si intenses, et encore si présents dans mon coeur. Tu es la plus belle chose que j’ai jamais faite, et si je doute parfois de moi, j’ai entièrement confiance en toi : je sais maintenant que tu sauras toujours susciter en moi tout l’amour, la patience, la bienveillance, les rires et les efforts qui te seront nécessaires pour bien grandir.

Tu es mon petit ange, et je prends aujourd’hui conscience d’une chose : c’est comme si, avant ta naissance, ma vie était en noir et blanc. C’est toi qui y a apporté de la couleur. Et sincèrement, c’est beau, très beau.

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19 comments

  1. Neurones en éventail says:

    C’est exactement ça être maman.
    Et je suis passé par les mêmes angoisses que toi, je penses qu’on y passe toutes plus ou moins, et c’est dur, on se dit qu’on ne va pas y arriver…Et puis si, on y est, on est maman, la meilleur des mamans qui soit pour notre bébé !
    Bravo à toi pour ce texte magnifique.

    • So busy says:

      Merci pour ton commentaire, ça me rassure parce que sur le moment, je t’avoue que je n’arrêtais pas de me dire « mais quelle mère indigne je suis, je n’arrive même pas à m’occuper de lui », j’en avais les larmes aux yeux avec ma couche à la main, c’était un peu excessif peut-être :)
      En tout cas, je te remercie pour ton très gentil compliment, tu es adorable :)

  2. La sourisbeauté says:

    Félicitation,
    pour ton petit bout et pour ton article merveilleusement bien écrit.

    Je suis maman deja depuis plusieurs années, et tu verras, même les jours de fatigue extrême, même les jours où il nous font tourner en bourrique. Un sourire d’eux, un câlin avant la nuit, et tout est oublié.

    Profite bien de tout ces petits moment merveilleux et prépare toi à en vivre plein d’autres

    • So busy says:

      Oh, merci beaucoup pour ton gentil compliment, c’est super gentil :)
      Aaaah, là là, tu m’étonnes, j’ai hâte que le mien sache faire des bisous et des câlins :) Mais j’imagine que ça doit tout effacer, ça fait du bien cette bulle d’amour et de bonheur dans la maison :)
      Merci beaucoup pour ton adorable commentaire ;)

  3. peggy m says:

    Une larme vient de couler sur l’ordi de Lou. Il va gueuler, il n’aime pas voir d’eau près de son clavier…
    Je t’embrasse pour la peine… <3 je l'attendais tellement cet article <3

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